Serita, une femme qui a décidé de quitter les Etats-Unis

La vie de Serita dans le Maryland

Serita est originaire du Maryland et y a vécu toute sa vie. Après le lycée, elle n’avait aucune motivation pour aller à l’université mais elle a quand même décidé d’étudier la justice pénale et de faire ses études jusque la licence. Après l’université, ses attentes ne correspondaient pas avec ce que le marché du travail offrait. Elle a donc commencé à travailler pour un contrat gouvernemental, elle en était ravie, mais il n’y avait nulle part où aller.

Par la suite, elle est passée par un autre poste de contractuelle auprès d’un organisme fédéral et elle a suivi une formation. Elle aimait le fait qu’elle pouvait voyager grâce à son travail.  Néanmoins, elle a l’impression que ce secteur attire ce genre de personnalités, fourbes et féroces.  Si vous êtes au bas de l’échelle, tout vous tombe dessus, dit-elle. C’était un environnement anxiogène et stressant pour elle. Ainsi elle a commencé à travailler dans l’hôtellerie car elle rêvait d’ouvrir un restaurant bio qui en même temps fait salle de concert. Son idée était de travailler dans un restaurant pour voir comment cela fonctionne. Elle y a travaillé pendant 5 ans. Et n’a jamais ouvert son restaurant. Elle a été distraite par un style de vie facile dit-elle. Elle pensait que déménager à Berlin était la meilleure décision, elle avait besoin d’un nouveau départ.

Les raisons qui l’ont amené à quitter les États-Unis

Trump devenu président

Elle était déjà à Berlin pendant les élections, mais cela lui a donné une autre raison de ne pas revenir, elle a regardé les élections. Au début, elle était super optimiste. Puis elle s’est rendue compte qu’il avait aussi ses chances. Lors que les résultats sont tombés, elle se sentait très mal pour ses amis noirs. Ce qu’elle trouve alarmant, c’est d’avoir un président qui a déclaré lors des violences du rassemblement de Charlottesville, que « Vous aviez aussi des gens très bien des deux côtés ». Il ne condamne pas du tout la suprématie blanche.

Apprendre des langues étrangères

L’apprentissage des langues est un combat. Serita ne parle aucune autre langue excepté l’anglais. C’est aussi la chose qu’elle n’aime pas le fait d’être américaine. Pour elle, les étudiants aux États-Unis ne sont pas poussés à apprendre d’autres langues. Ils ont suivi des cours, mais étant que les compétences ne sont pas requises, ils ne sont pas plus investis que cela. Quand elle est venue à Berlin, elle a vu que beaucoup de personnes maîtrisaient plusieurs langues étrangères. Elle n’en connaît qu’une seule se sent gênée. « Tu ne penses pas à cela quand tu es plus jeune, tu ne pensez pas à la façon dont cela pourrait t’aider dans le futur », a-t-elle dit.

Les relations humaines

Selon Serita, les relations sont très superficielles, basées sur votre apparence, votre réseau, votre situation financière. Il faut correspondre à certains stéréotypes. À Berlin, on est libre d’être qui on veut, tous ces facteurs ne déterminent pas si vous êtes une personne suffisamment intéressante ou non.

Un pays sexuellement opprimé

Les gens sont élevés d’une manière à rester plutôt conservateurs lorsqu’il s’agit de la sexualité. Par conséquent, les gens sont jugés en fonction du nombre de personnes avec qu’ils ont eu des rapports sexuels. Mais aussi par ce que l’on porte. Elle a été fustigée plusieurs fois, par rapport à ses vêtements jugés trop serrés. Ses formes étaient vues comme une distraction. Les femmes noires aux États-Unis sont davantage perçues comme des êtres sexuels, non pas comme des êtres sexuellement puissants, mais plutôt comme des êtres à utiliser pour le sexe, selon elle. Par conséquent, certains hommes vous traitent comme si vous leur deviez quelque soit vos intentions. Vous les rencontrez dans un bar, ils vous achètent un verre et présument qu’ils vous ont payé pour votre temps. Bien souvent on oublie qu’une femme n’est pas à acheter.

Il n’y a aucune raison pour qu’elle retourne aux Etats-Unis. Elle revient de temps en temps pour rendre visite à ses proches. Elle se sent bien à Berlin et ne se voit pas vivre partout ailleurs pour le moment, les États-Unis sont le pays où elle a été élevée et Berlin est la ville où elle se sent chez elle.

 

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