femme-entrepreneure-vietnamienne-americaine-cassandra
  • Save

Une Entrepreneure Vietnamienne-Americaine À Madrid : L’histoire de Cassandra

L’entrepreneuriat est en plein essor France. De plus en plus de personnes se lancent dans l’aventure de l’entrepreneuriat, ne se retrouvant pas dans le carrière classique de l’employée. Puis le succès de certain-e-s Youtubeurs-euses et de blogueurs-euses, a aussi permis démocratiser l’entrepreneuriat à un public plus large. 

Les défis ne manquent dans l’entrepreneuriat. Du côté professionnel, faire des études marché, être rentable sur le long terme, construire son réseau professionnel s’avère être primordial afin que sa micro-entreprise puisse survivre. Du côté personnel, la détermination, la discipline, la confiance en soi sont des qualités communes que l’on reconnaît parmi les entrepreneur-e-s. Tout le monde n’est pas fait pour être entrepreneur-e mais désormais plus de personnes osent lancer. En France, 45 % des entreprises ont le statut de micro entreprise, soit plus d’1,36 millions de micro entrepreneur-e-s, selon Wydden.

J’ai rencontré en Septembre dernier, Cassandra, une jeune entrepreneure vietnamienne-américaine, résidant à Madrid.J’ai voulu en savoir plus sur son parcours et les difficultés que l’on peut rencontrer en étant une femme entrepreneure racisée. 

Cassandra, une entrepreneure née

entrepreneure-femme-asiatique-americaine
  • Save
Cassandra – entrepreneure à la tête du Quirky Pineappale Studio – ©Aissa Sica

Cassandra est une jeune entrepreneure vietnamo-américaine dont la carrière entrepreneuriale a débuté à Madrid. Il y a 5 ans, elle est arrivée à Madrid, pour occuper un poste d’assistante de langue. Cassandra savait déjà qu’une carrière d’enseignante n’était pas faite pour elle. Elle a donc commencé à faire des recherches sur l’entrepreneuriat, avant de sauter le pas. En 2017, Cassandra Le lance sa propre agence spécialisée dans le copywriting et la stratégie de contenu. Ce qu’elle apprécie particulièrement dans l’entreprenariat, c’est la liberté et la flexibilité dont elle dispose, ainsi que la possibilité de transformer sa passion de la rédaction web en une carrière.

Cassandra a baigné dans l’entrepreneuriat dès le plus jeune âge. Ses parents, entrepreneur-e-s l’ont encouragé ,dès le plus jeune âge, à prendre la même voie. „Ma mère m’avait acheté des livres qui expliquaient « comment se faire de l’argent » à partir de mes passions ou de mes activités créatives, ce qui je pense, a été le déclic.“

Toutefois, l’aventure d’entrepreneur-e n’est pas sans embûches.

Les difficultés rencontrées en tant qu’entrepreneur-e

«L’entrepreneuriat c’est parfois difficile. Je travaille à la maison la plupart du temps et bien que j’adore ça, je me sens seule. Et puis, il y a toujours cette peur du revenu  » instable « , du stress lié au fait de posséder sa propre entreprise et d’apprendre à être son propre patron.»

entrepreneur-challenges
  • Save
Les challenges auxquels on peut faire face – Source : Pexels

Pour bon nombre d’entrepreneur-e-s, ils/elles n’ont pas d’autres choix que de faire face à l’instabilité des revenus, surtout à leurs débuts, le temps de se faire un nom. En se retrouvant seul-e à gérer son propre business, il peut être compliqué de rester motivé-e et discipliné-e. Cassandra en sait quelque chose. «J’ai dû apprendre à organiser mes journées et aussi trouver la motivation et la volonté de me réveiller tous les jours en donnant la priorité à ce que je dois faire pour que mon business en ligne prospère.»

Sur le plan professionel, d’autres défis viennent s’ajouter : choisir la bonne niche, construire son portefeuille de clients, recruter des employé-e-s, être rentable, du côté professionnel. Du côté personnel, les doutes peuvent vite atteindre l’estime et la confiance en soi, surout quand on sait que le taux d’échec, est de «50% des entreprises créées disparaissent avant d’atteindre leur sixième année d’existence.», selon Wydden.

Etre entrepreneur-e et la confiance en soi

Avoir confiance en soi, c’est comme un être à la tête d’un business en ligne, il y a des hauts et des bas. C’est que Cassandra vit. Il y a des jours où elle a totalement confiance en elle et se dit que rien ne peut l’arrêter. Et il y a des jours où les doutes sont là, ils ne sortent pas de notre tête qui peuvent mener au syndrome de l’imposteur. Ce syndrome nous fait penser que l’on est constamment incompétent-e, que l’on ne me mérite pas le succès eu, dû à d’autres éléments extérieurs. Il est important de travailler constamment sur sa confiance en soi et de trouver la façon la plus adaptée. Cassandra le fait en n’utilisant les réseaux sociaux de manière limitée, lit beaucoup au sujet de la loi de l’attraction. Elle tient également un journal dans lequel elle peut libérer ses doutes, ses tensions. Elle privilégie de s’entourer des bonnes personnes, leur parler quand le moral est en berne.

Nous pouvons être notre meilleur ami-e- comme notre pire ennemi-e. Nous sommes les premières personnes à nous mettre des barrières, à nous dire que c’est impossible.

Comment alors dans ses moments, rebooster son assurance et sa confiance en soi ? Ces quelques petit conseils pourront certainement vous aider :

  • Apprendre à rebondir. Les choses ne passent pas toujours comme prévus, on se voit refuser des opportunités. Dans ces moments-là on se doit de réfléchir sur comment rébondir et faire preuve de créativité.
  • Oser. On construit sa confiance en concrétisant ses idées, en laissant de côté ce besoin d’approbation et de reconnaissance.
  • Suivre son intuition. On base souvent nos choix sur des données rationnels, mais notre intuition peut également nous mener à faire les bons choix car tout ne s’anticipe pas. Il faut apprendre à la discerner et à avoir le courage de la suivre.
  • L’opinion des autres n’est pas votre réalité. On peut se laisser influencer par les opinions des autres, ce qui est normal.Mais elle ne peut pas devenir votre réalité. Vous savez pourquoi vous vous êtes lancé-e-s dans l’entrepreneuriat, vous connaisez votre valeur, ce que votre entreprise apporte de plus que les autres, vous avez votre vision pour votre entreprise. Il est important de constamment vous le rappeler.

L’entrepreneuriat est encore largement dominé par les hommes. Pour prendre l’exemple de l’Espagne, 78 % des hommes sont entrepreneurs contre 22% des femmes. Cela change-t-il d’autant plus la donne lorsque l’on est une femme entrepreneure racisée ?

Le plafond de bamboo limitent les Asiatiques-Américain-e-s

femme-asiatique-plafond-de-bamboo
  • Save

Aux Etats-Unis, la communauté asiatique représente 5,6 % de la population. 9% des femmes Américaines ayant des origines asiatiques sont entrepreneures.

Ils et elles sont présenté-e-s comme la minorité modèle dans de nombreux pays occidentaux. Pour autant, cela ne signifie pas que les personnes d’origine asiatique ne rencontrent aucune difficulté dans le monde professionnel. En plus du plafond de verre, le plafond en bambou s’ajoute pour les Américain-e-s d’origine asiatique. Le plafond en bambou peut être considéré comme une barrière invisible qui empêche les Asio-Américaine-s d’avoir accès à des postes de responsabilité dans le monde du travail. Bien que les stéréotypes concernant la communauté asiatique américaine aient tendance à être plus positifs en apparence, certains préjugés les stigmatisent et les affectent dans leur evolution professionnelle.

Les Américain-e-s d’origine asiatique considéré-e-s comme des personnes appliquées dans leur travail, polie-s, calmes, réservé-e-s, ont des qualités qui ne sont pas associées à l’image du leader que l’on se fait dans les pays occidentaux et qui peuvent leur porter fortement préjudice, particulièrement sur pour les femmes Asio-Américaines, comme s’est montré sur ce le graphique ci-dessous.

  • Save

Ce graphique, extrait de l’étude „The Ilusion of Asian Success“, montre que les femmes Asio-Américaines sont le groupe racisé le moins susceptible d’être promu à des postes de direction et de gestion dans la Silicon Valley et le groupe le plus sous-representé.

On attend quelque part de ces femmes Asio-Américaines de rester tempérées et soumises, l’imaginaire collectif à dû mal à les voir autrement, sans les dépeindre de manière négative. Rompre avec les rôles stéréotypés qu’on attendait d’elles, conduit à être critiquée et perçue comme une « dame dragon », une « femme prédatrice impitoyable qui manipule les autres. Cassandra a pendant longtemps entendu ce discours de la part de ses parents originaire du Vietnam. Dans la culture traditionelle Vietnamienne, il n’est bien vu pour les femmes d’avoir de l’assurance et être déterminée. Dès le plus jeune, les enfants apprennent à se comporter de manière réservée et modeste, de prendre son temps avant de parler. Ses parents lui disaient d’être une bonne étudiante et d’adopter une attitude plutôt réservée. Mais maintenant, ce disours a changé. Sa mère l’a pousse à avoir de l’assurance et être affirmative.

À cause de ses stéréotypes, Cassandra a parfois l’impression de ne pas être prise au sérieuse, lorsqu’elle parle de son business en ligne. Mais cela ne l’empêche pas d’aller de l’avant. Un autre défi s’impose à elle : Etre une entrepreneure Vietnamienne-Américaine en Espagne.

L’Espagne, une bonne destination pur être entrepreneur-e ?

La crise économique de 2008 avait frappé de plein fouet l’Espagne et était une des plus graves de son histoire. Puis à partir de 2014, l’économie espagnole se redresse et on parle de miracle économique. L’Espagne à première vue, n’est pas la destination qui viendrait en tête pour se lancer dans l’entrepreneuriat. Cassandra se pose parfois la question de savoir si elle a fait le bon choix, si ce ne serait pas mieux pour elle de retourner aux Etats-Unis. Il n’y a pas de bon ou de mauvais pays pour se lancer dans l’entrepreneuriat. Cela dépend de son réseau et des opportunités qui se présentent à son entreprise. Pour l’instant, elle prévoit de rester à Madrid.

Dernières réflexions

Cassandra-femme-entrepreneure-vietnamienne-americaine
  • Save
Portrait de Cassandra – ©Aissa Sica

Bien que de nombreux-euses millenials se tournent vers l’entrepreneuriat, tout le monde n’est pas fait pour être entrepreneur-e. Il ne suffit pas d’avoir quelques notions en finance, marketing et d’être préparé-e professionnellement. Le manque de confiance en soi est un obstacle à qui peut empêcher de nombreux-euses entrepreneur-e-s de poursuivre leur carrière. L’histoire de Cassandra en tant qu’entrepreneure vietnamienne-américaine en Espagne montre qu’en étant une jeune femme racisée, on peut tout à fait s’installer dans un autre pays et lancer son entreprise. La vérité, c’est qu’être entrepreneur-e exige beaucoup plus que ce que nous voyons, il faut beaucoup de persévérance, de motivation et, comme l’a souligné Cassandra, de confiance en soi pour lancer, développer et faire évoluer son entreprise.

One thought on “Une Entrepreneure Vietnamienne-Americaine À Madrid : L’histoire de Cassandra

Comments are closed.