• Save

Prendre du poids et accepter son corps : un réel défi

Prendre du poids et accepter son corps restent difficile en ayant ces standards de beauté et ce culte du corps qui nous tournent autour. On a longtemps parlé de l’influence des standards de beauté sur notre perception de nous même. Mais le culte du corps et de la minceur reviennent également à l’actualité, à travers Instagram et ces influenceurs.euses qui nous montrent la même apparence d’un corps tonique, mince et musclé, incarnant la perfection à atteindre.

culte de la minceur et standards de beauté.
  • Save
Couple représentant les standards de beauté modernes : Bronzé-e-s, musclé-e-s et minces
Source : Pexels – ©Oliver Sjöström

Le culte du corps fausse notre perception de nous mêmes. “Si je perdais quelques kilos, je me sentirai mieux”. Cette phrase a déjà traversé l’esprit de beaucoup d’entre nous. On se trouve trop gros-se, on trouve on a trop de hanches ou encore que notre ventre n’est pas assez plat. Certaine-s se résignent, d’autres finissent par s’accepter. Et puis il y en a d’autres, qui comme moi, souhaitent retrouver leurs corps d’antan et refuser de prendre du poids.

Prendre du poids pour la première fois

Pendant très longtemps je correspondais à ce qui pouvait représenter le corps idéal dans les sociétés occidentales. J’étais grande, mince, musclée. J’ai pratiqué du sport pendant 10 ans puis un jour, j’ai arrêté. Mon métabolisme a continué de fonctionner jusqu’à mes 24 ans. Puis je pars en 2015 à Naples pour Erasmus. Ce fut une expérience qui fut importante pour plusieurs raisons, dû au sexisme, la fétichisation et l’hypersexualisation de la femme noire, que j’explique dans un de mes articles.

accepter son corps et prendre du poids
  • Save
À gauche, c’est moi maintenant. À droite c’était moi avant. J’avais 18 ans à l’époque et j’ai eu cette morphologie jusqu’à mes 24 ans.
©Aissa Sica

Ca a été aussi une période pendant laquelle mon corps a beaucoup changé. J’ai commencé à grossir, moi qui jusque-là ne grossisssait jamais. La cuisine napolitaine a été une heureuse découverte pour mes papilles gustatives. Je me suis bien régalée et j’en ai bien profité. Je retourne en France. On ne m’avait pas vraiment fait remarquer ma prise poids. Puis, je vais en Allemagne. (Passer du sud de l’Italie à l’Allemagne, gastronomiquement parlant c’est dur. Parenthèse fermée). Je continue tout de même à prendre du poids encore et encore. Et là c’est le drame.

Je n’accepte plus mon corps et je ne m’aime plus

Ca y est, le jour de gloire est arrivé. J’ai grossi. J’ai pris 16 kilos en trois ans. 16 ! J’ai plus de hanches, de fesses, de ventre. Je ne me reconnais plus. Je ne rentre plus dans mes vêtements, alors que j’y rentrais encore lorsque j’étais à Hambourg. C’est trop de changement pour moi et j’ai peur d’encore plus grossir. Je me prive de petit-déjeuner, de chocolat, de grignoter. Avec ces habitudes, je ne fais qu’augmenter ma frustration. Perdre du poids c’est mon objectif, retrouver une silhouette, plus fine, plus musclée, retrouvée la personne que j’ai toujours été. Beaucoup de personnes me disent « Non mais regardes comme tu es belle » ou encore « Mais n’importe quoi, tu exagères ». Ma perception du corps « normal et idéal » est tellement ancrée dans mon subconscient, que je ne me trouve pas normale.

Je veux retrouver mon corps d’avant mes 25 ans. Je vais au sport, je me pèse et je suis toujours au même poids. Pas de perte, pas de prise. L’angoisse. Je fais attention à ce que je mange, j’essaye de manger un maximum de fruits et légumes. Avant ce n’était pas comme ça, je pouvais manger ce que je voulais et je ne prenais pas de poids. Cependant, je ne mangeais pas suffisant. J’étais atteinte de troubles de l’alimentation.

Le stress et le manque d’appétit

Je ne sais pas exactement de quoi j’étais atteinte mais j’avais un rapport particulier avec l’alimentation. Je vivais dans une famille où la violence physique et psychologiques règnaient. Mon père tapait ma mère, nous insultait, nous criait dessus pour oui ou pour un non. Cela me stressait et me coupait souvent l’appétit. Je finissais donc par manger en petite quantité.

Même si je me sens aujourd’hui un peu mieux psychologiquement, je voudrais avoir de nouveau ce trouble alimentaire, pour me faire perdre du poids. Et c’est horrible à dire, oui je le sais. Je pense que mon corps réagit face à ces années de « privation », du fait que pendant toutes années je ne mangeais pas assez. Travaillant sur ma santé mentale, je reste tout de même très influencée par ce culte de la minceur. Et ce culte de la minceur d’où vient-il ?

Le culte de la minceur, d’où vient-il ?

Le culte de la minceur, le culte du corps, les standards de beauté et tout ce qui s’ensuit, commencent lorsque les femmes ont de plus en plus accès à l’emploi. La 1ère et seconde révolution industrielle permettent en France une féminisation du marché du travail.  Le rôle de la femme évolue, et n’occupe plus seulement un rôle dans la sphère familiale.

La minceur est peu à peu définie comme une norme, qui représente une femme active, dynamique, bien dans sa peau, qui contrôle sa vie. Cette pensée va de plus en plus se généraliser et associé le “surpoids”, l’obésité, à la paresse, au laisser-aller, une personne qui est mal dans sa peau. La minceur devient la normalité, une normalité que l’on retrouve partout. Entouré de ce culte, ce n’est pas facile d’accepter son corps lorsque l’on commence à grossir, de se dire qu’on s’écarte de cette » dite » norme, largement véhiculée par les médias.

La solution c’est quoi ?

La solution c’est de se couper des réseaux sociaux, de ne plus avoir de téléphone et d’aller se réfugier au fin fond d’un village Auvergnat. Plus sérieusement, on ne peut y échapper à ce culte du corps et de la minceur. Comment apprendre mieux à accepter son corps ?

Quelques astuces pour mieux s’accepter
Prendre soin de soi

Prendre soin de soi : C’est à mon avis le plus important. J’ai remarqué qu’en prenant soin de moi, ma perception de mon apparence change petit à petit et me redonne confiance en moi. Cela peut passer par la méditation, s’occuper de ses cheveux, de sa peau, lire, manger sainement. Je me réserve une journée ou quelques heures dans la semaine pour prendre exclusivement soin de moi.

routine matin prendre soin de soi
  • Save
Une idée de routine pour prendre soin de soi avec petit-déjeuner et lecture
Source : Pexels – © The Lazy Artist Gallery
Se parler positivement à soi-même

Se parler positivement tous les jours : Passer ne serait-ce que passer que quelques minutes à se complimenter par exemple, change la donne. J’avais commencer à le faire l’année dernière et j’avais vu une nette différence. Je n’avais pas ce rapport anxieux avec mon corps, que j’ai maintenant. Apporter de la positivité fait un grand bien à notre cerveau et modifie peetit à petit notre perception de notre corps. L’appréciation de notre corps, il faut la cultiver, et c’est aussi en se parlant positivement , que cela marche.

Arrêter de se comparer

Arrêter de se comparer : On est tous-tes différent-e-s par rapport à notre morphologie, notre métabolisme. Instagram nous entraîne d’une manière vicieuse de nous comparer. Il est important de limiter sa consommation des réseaux sociaux en général, car à un certain moment, nous ne le rappelons pas à nous-mêmes qu’il s’agit d’un monde virtuel. Il faut identifier les moments où on se compare, identifier les raisons et se focaliser sur ses atouts. C’est ce que j’essaye de faire par exemple, lorsque je vois une personne avec un ventre plat. Je me dis que j’ai de belles jambes et mains et que je devrais les mettre en valeurs.

Il n’y a pas de recettes magique, c’est à toi de trouver les choses qui te feront mieux accepter ton corps et reprendre confiance en toi. Prendre du poids a encore une connotation négative et ce n’est pas assez normalisé. C’est pour cela qu’il est important au quotidien de travailler sur la perception de son corps, l’image de soi car personne le fera pour nous. Ici une vidéo que j’ai beaucoup aimé, qui donne des conseils sur comment aimer son corps.