La santé mentale des personne racisé-e-s a son importance

Santé

La santé mentale n’est toujours pas autant prise au sérieux que la santé physique, ou n’est même pas prise en considération. Il est nécessaire de démystifier et normaliser la santé mentale car elle a autant d’importance que la santé physique.

Qu’est-ce que la santé mentale signifie ? Selon la définition Nicolas Dissez dans le « Journal français de la psychiatrie », la santé « est donc cette politique qui, confrontée aux difficultés psychiques les plus variées, vient affirmer la possibilité d’un bien-être égal pour tous. Autrement dit, à tous elle vient proposer les moyens d’un accès identique à une satisfaction légitime ». La santé mentale commence peu à peu à trouver un écho. Cela dit la santé mentale des personnes racisé-e-s reste un sujet absent, incongru, inattendu, saugrenu. Pourquoi vouloir différencier les minorités ethnoculturelles lorsqu’il s’agit de santé mentale ? À travers le potrait de Parissima, nous allons voir comment la spécificité de la santé mentale des personnes racisé-é-s a lieu d’être.

De l’anthropologie sociale à la psychologie clinique

La vocation de Parissima c’est la santé mentale. Elle étudie actuellement la psychologie clinique à l’Université Sigmund Freud à Vienne. La psychologie est domaine très varié, allant de la psychologie sociale à la psycholgie de la santé ou encore cognitive. Lors d’un séjour d’étude à l’étranger, Parissima a étudié l’anthropologie sociale à l’Ecole des études orientales et africaines. Sa licence obtenue, elle envisage de se réorienter, préférant un domaine plus spécifique, à savoir la psychologie clinique.

Le site les Définitions voit la psychologie clinique comme un domaine de la psychologie qui « s’intéresse à la recherche, à l’évaluation, au diagnostic, au pronostique, au traitement, à la réhabilitation et à la prévention des questions nuisant à la santé mentale. Il s’agit d’une branche de la psychologie qui porte sur les conditions pouvant provoquer un certain malaise ou de la souffrance chez les personnes.» Parissima souhaite devenir psychologue clinique, spécialisée pour les personnes racisé-é-s.

Sensibiliser les professionales aux personnes racisé-e-s dans le domaine de la santé mentale

Le bagage culturel peut avoir son importance lorsque l’on est à la recherche d’un professionel ou d’une professionnelle de la santé mentale racisé-e. La tâche peut être ardue, surtout lorsque l’on vit dans des endroits non multi-ethniques. Pourquoi il est nécessaire que les personnes racisé-e-s puissent trouver des professionnels/lles de la santé mentale issus des minorités ethniques ? Un ou une professionelle de la santé mentale racisé-e ayant un bagage culturel similaire qu’un-e patient-e racisé-e sera plus compréhensif. Il/elle sera plus familier-ère avec les expériences du ou de la patiente. Puis il/elle pourra offrir un acompagnement plus individualisé et adéquat.

La décision de se spécialiser en santé mentale pour les personnes racisé-e-s lui ait venue lorsque Parissima cherchait elle même un/une professionnelle de la santé mentale. Mais en vain. Cette spécialisation n’existe pas en Autriche. Elle prend des cours en ligne pour approfondir ses connaissances. Melaning and Mental Health est un réseau rassemblant les professionnels/lles de la santé mentale de la communauté afro-américaine et latine-américaine des Etats-Unis. Ils proposent des formations à un prix très abordables, couvrant différent thèmes.

La santé mentale des personnes racisé-e-s, un sujet qui a de plus en plus d’écho

Même si ces cours en ligne sont d’une grande aide, Parissima garde en tête que ces cours sont adaptés à un contexte culturel américain. C’est un grand défi à relever puisque c’est une nouvelle branche. Les pays anglophones sont les plus progressistes en la question. Par exemple aux Etats-Unis, il y a quelques associations pour la santé mentale issues de différents minorités éthniques (par exemple le South Asian Mental Health Initiative & Network, Black Mental Health Alliance). En Angleterre, on retrouve the Chinese Mental Health ou encore Black Thrive. Ces associations permettent d’accompagner et d’aider les personnes de leur communauté dans le milieu de la santé mentale. Puis il y a de nombreuses ressources disponibles sur internet avec des articles en lignes, des blogs, des pocasts aux sujets concernant la santé mentale.

La santé mentale axée sur les personnes racisées, un domaine émergent

En Europe de l’Ouest, la situation est différente. Parissima qui vient de Vienne, a fait des recherches sur la santé mentale pour les personnes racisées, dans le monde germanophone. Selon ses observations, l’Allemagne semble plus avancée sur la question que l’Autriche. Il n’y a pas seulement un manque de personnel issu des minorités ethniques mais également un manque d’étudiant-e-s issu-e-s de ces minorités. Parissima était la seule dans sa promotion. Les études de psychologie ont tendance à moins attirer quand on sait que débuter une carrière peut être long et difficile. Puis en Autriche, les frais d’inscription pour la licence et le master sont chers. Les stages obligatoires pendant les études sont souvent peu ou pas rémunérés.

Pour Parissima, ces éléments participent à l’homogénéisation du secteur. Par conséquent certaines personnes se retrouvent exclues. Hors, elles pourraient apportaient un autre point de vue, ayant une sensibilité culturelle plus grande et faire évoluer le domaine. Parissima est toujours en formation mais elle apprend aussi le métier sur le terrain. Depuis 3 ans, elle fait partie d’une association et mène le projet «Home».

S’investir dans un projet pour les réfugiés

Elle fait partie d’une association de réfugiés nommée
« Verein Vielmehr für Alle». Elle s’engage à rendre l’éducation accessible aux réfugié-e-s. Ils ont divers projets : «Projekt Schule für alle», «[HOME]», «work: in.» Le projet «Projekt Schule für alle» a pour but d’organiser des cours pour les plus de 16 ans, ne pouvant plus intégrer le système scolaire autrichien. Grâce à ces cours, ils peuvent recevoir le diplôme de fin d’études secondaires.

Association d'aide aux réfugié-e-s

Ce projet promeut la santé physique et mentale. Les étudiants ont une fois par semaine des cours relatifs aux systèmes de santé. Des sujets comme la dépression, l’anxiété sont par exemple abordés. Lorsqu’elle voit certains de ses étudiant-e-s préocuppé-e-s, nerveux/euses, elle n’hésite pas à mettre les cours de côtés. Certains cours d’histoires peuvent raviver des souvenirs douloureux. Il est également important de rappeler que ces jeunes sont pour la plupart livré-e-s à eux mêmes. Ils/elles n’ont pas leurs proches ou réseau social sur lequel se tourner compter. Par ces raisons, Parisima organise des rencontre entre les réfugié-e-s et les locaux, des rencontres qui peuvent permettre les locaux de prendre les jeunes réfugié-e-s sous leurs ailes. Cependant, il n’est malheureusement pas possible pour les réfugié-e-s de bénéficier de session individuelles auprès d’un psychologue.

Les réfugié-e-s et les migrants face au risque de troubles mentaux

En termes de santé mentale, les réfugié-e-s et les migrante-s sont plus vulnérables parmi les racisé-e-s. La migration conduit les migrant-e-s et les réfugié-e-s à s’adapter à une nouvelle réalité sociale, environnement culturel et économique, ce qui peut affecter leur santé mentale. En plus de ces difficultés rencontrées, d’autres facteurs peuvent également jouer un rôle dans la santé mentale, en particulier lorsque les réfugié-e-s ont fui leur pays en raison de guerre, de persécutions. Selon l’article de Resonanzen, un webzine autrichien sur la santé mentale a rassemblé les études réalisées sur la santé mentale des réfugié-e-s. Cet article démontre que le processus d’intégration, le stress post traumatique fréquent chez les réfugié-e-s peuvent mener à la dépression, au syndrome de stress post-traumatique ou à la toxicomanie.

La santé mentale des personnes racisé-e-s  les plus vulnérables : les régugié-e-s
Source : Bruxelles Bondy Blog
Sensibiliser sur le milieu médicale sur la santé mentale des personnes racisées

Les réfractaires pourraient argumenter sur le fait que les origines n’ont pas besoin d’être prises en compte lorsqu’il s’agit de visiter un/une professionnel/lle de la santé mentale. Mais dans la plupart des cas ce n’est pas vrai. Certains aspects culturels ne nous évoquent rien. En ayant grandi dans le même environnement culturel, les réponses à donner pourraient être plus évidentes et adaptées.

Ces différentes expériences aident grandement Parissima à se préparer pour sa future carrière. Il y a quelques temps, elle a crée une page Facebook, «Wir sind auch Wien». Sur cette page sont relayés des évènements focalisés sur la santé mentale des personnes racisé-e-s. Parissima travaille également en collaboration avec une psychothérapeute racisée. Cette psychothérapeute organise toutes les deux semaines des rencontres parlant de santé mentale. Néanmoins, il reste tout à faire.

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