La crise migratoire en Allemagne vue par Khadijah

Allemagne

Vivre à l’étranger, un mode de vie pour Khadijah

Khadijah, étudiante, habite depuis 3 ans à Berlin. Voici la vidéo dans laquelle elle se présente.

Poursuivre ses études, un moyen pour Khadijah de se spécialiser

Faire un master, pour Khadijah c’était une question de bon sens, elle voudrait gagner plus. En Allemagne, une fourchette de salaire est fixée pour chaque type de diplôme, ce qui implique qu’une personne titulaire d’un master aura un salaire plus élevé qu’une personne détenant une licence.  Toutefois, ce n’est pas la seule raison pour laquelle elle a décidé de poursuivre ses études. Depuis trois ans, elle enseigne dans un centre de formation, l’allemand aux migrants qui n’ont jamais appris la langue de Goethe. Le but est qu’ils puissent avoir les connaissances de bases en allemand afin de mieux s’intégrer et de pouvoir trouver un emploi.

Khadijah veut continuer à travailler dans ce domaine, en se focalisant sur les migrants originaires de l’Afrique subsaharienne. Lors de la fin du master, les diplômés devraient parler couramment une langue africaine. Ils ont le choix entre 4 langues, dont le bambara. Le bambara est une des langues Mandées et parlée dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, ce qui tombe bien. En effet, la plupart des migrants Africains subsahariens à Berlin viennent généralement de l’Afrique de l’Ouest, surtout de la Gambie. Ils parlent le Madinka, qui est une des langues mandées. En parlant une des variantes, elle espère pouvoir communiquer avec eux plus facilement.

L’Allemagne a fait face à un afflux de réfugiés et de migrants ces trois dernières années, ce qui a soulevé de nombreux débats. Dans quelles conditions vivent-ils ? Comment peuvent-ils s’intégrer ? J’ai souhaité savoir l’avis de Khadijah.

 L’intégration des réfugiés :  ce qu’en pense Khadijah

L’Allemagne a accueilli un bon nombre de réfugiés et migrants depuis 2015, une politique mise en avant par Angela Merkel, qui a fini par diviser les Allemands sur la question de l’accueil des réfugiés et migrants. Khadijah a pu voir comment les réfugiés vivent en Allemagne. La majorité d’entre eux vivent dans des foyers pour réfugiés, dans des logements qui sont pour la plupart pas adaptés, trop petits pour accueillir une famille. Elle a également remarqué que beaucoup de réfugiés vivent entre eux, ils n’ont pas forcément la possibilité de pratiquer l’allemand dans leur quotidien. Qui sont les réfugiés ? Khadijah explique qu’il y a une distinction entre deux groupes : Ceux qui bénéficient du statut de réfugiés et les autres, les laissés pour compte. Cependant, le statut de réfugié est à revoir selon elle ; Elle nous en dit en plus sur ce sujet.

L’intégration des réfugiés en Allemagne est un sujet récurrent dans les débats politiques. Qu’est-ce que signifie l’intégration pour Khadijah ? Pour elle, cela signifie parler la langue du pays, s’adapter à un nouveau cadre social, travailler dans ce pays, en apprendre sur la culture locale. Depuis quelques temps, l’hostilité envers les réfugiés et les migrants s’exprime de plus en plus, les évènements de Chemnitz l’ont bien montré. Puis, au-delà de l’animosité, la question de l’intégration soulève de nombreuses questions, comment peuvent-ils s’adapter à l’Allemagne, à sa culture, à ses valeurs ? Khadijah y croit à leur intégration ; le meilleur moyen selon elle, serait que les Allemands et les réfugiés vivent ensemble, car actuellement la ségrégation spatiale empêche le vivre ensemble. On isole les réfugiés en les regroupant dans les mêmes habitations, en les mettant dans des quartiers hostiles aux réfugiés, comme à Marzahn par exemple, un quartier réputé pour son racisme, ce qui pour Khadijah n’a pas de sens. Un modèle d’intégration qui a échoué pour la seconde génération et de la troisième issue de l’immigration, et dont l’Allemagne n’en a pour l’instant pas tiré les leçons. Le même sort sera-t-il réservé aux réfugiés ? Le temps nous le dira.

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