Portrait d'Anne-Sophie

Franco-Congolaise, féministe créative et passionnée de tech : voici le portrait d’Anne-Sophie

Société

Une nouvelle vie à Berlin pour Anne-Sophie

Elle habite depuis un an et demi à Berlin. Elle travaille actuellement dans une startup. Sa startup collabore avec des développeurs d’applications en les aidant à monétiser celles-ci, à travers la publicité, sans que les utilisateurs aient à payer. Elle en charge des campagnes publicitaires, en conseillant et guidant ces développeurs d’application. Elle a quitté Paris pour des raisons professionnelles. En effet, elle cherchait depuis un certain temps à s’expatrier. Elle n’a aucun regret puisqu’elle se sent bien à Berlin. Ce qui n’a pas été toujours le cas en France.

Identité et l’acceptation de soi

Anne- Sophie sent plus Française que Congolaise par nature, puisqu’elle a vécu la majeure partie de sa vie dans ce pays. Cependant depuis qu’elle y retourne régulièrement, elle se sent plus proche de la culture congolaise, qui influence notamment sa vision sur les valeurs familiales, le respect des aînés, de privilégier la famille. Puis, elle aimerait retourner au Congo pour y vivre et travailler dans le digital. Selon elle, il y aura un impact largement plus positif d’intégrer le digital dans le quotidien au Congo qu’en Europe. On en arrive à un effet pervers dans l’ensemble des pays occidentaux, on a pu le voir récemment avec la loi RGPD qui vise à protéger les données des utilisateurs.

Elle se sent beaucoup plus libre, à l’aise à Berlin, elle expérimente beaucoup de plus nouvelles choses, elle n’a pas à se soucier du regard des autres.  C’est une raison pour laquelle elle ne se voit pas revenir vivre en France. Lorsqu’elle y retourne, elle a l’impression de sortir de la masse, de ne pas se sentir à sa place. La double culture rend souvent plus difficile l’acceptation de soi, on se sent tiraillé entre ces deux cultures. Anne-Sophie a mis du temps à accepter ses cheveux, ses formes. C’est en voyant des modèles de femme comme Beyoncé, Rihanna, qu’elle a commencé à se sentir mieux dans sa peau. Les médias ont beaucoup joué, même de manière inconsciente. Ce qu’elle ne pensait pas être des atouts peuvent en être. En se sentant plus à l’aise avec elle-même, elle en est arrivée à vouloir davantage s’exprimer. Elle s’est donc lancée dans l’improvisation théâtrale.

Un groupe d’improvisation théâtrale pour femme et féminisme

C’est par hasard qu’elle est tombée sur ce groupe d’improvisation théâtrale. Une personne avait publié un message et recherchait des personnes pour intégrer le groupe. L’opportunité tombait bien car elle cherchait à sociabiliser. En faisant de l’improvisation, Anne-Sophie se libère de ses pensées. Dans ce groupe, ces femmes peuvent dire ce qu’elles souhaitent sans jugement. Un groupe qui est seulement pour femmes. Elles se considèrent toutes comme comme féministes. Il reste encore à faire pour améliorer la condition de la femme. De nos jours, une femme ayant les mêmes compétences qu’un homme, gagnera moins, car elle pourrait avoir des enfants. C’est un raisonnement infondé pour Anne-Sophie, une femme n’a pas choisi de donner la vie. Une femme ne devrait pas en subir les conséquences, sous prétexte qu’elle peut être absente un certain temps.

« Cela rentre même dans la définition de la féminité et la masculinité », dit-elle. La masculinité repose sur des caractères propres que l’on associe à une personne se définissant comme un homme. Bien souvent elle se confond avec la virilité. L’homme doit être dominant, prendre les devants, se montrer courageux, avoir plusieurs conquêtes, ces quelques caractères que l’on retrouve parmi tant d’autres. La fragilité, douceur, sensibilité sont quelques caractères associés à la féminité. Ainsi par ces définitions, un rapport de force s’installe.

C’est un rapport de forces qui est à l’avantage des hommes car il y a une volonté de contrôler le corps de la femme, de dicter leur comportement. Le féminisme contribue à faire évoluer le concept de féminité. Cependant certaines femmes ont une vision du féminisme plutôt traditionnel. Lou Doillon avait vivement critiqué Beyoncé, Nicki Minaj. Elles se disent féministes et exposent leur nudité, ce qui pour elle est un paradoxe. La société sursexualise de son propre gré le corps de la femme noire mais souhaite en même temps qu’elles le cachent. Il n’y a pas une définition simple du féminisme. Il s’illustre sous différentes manières.

Peinture, création, technologie : les passe-temps d’Anne-Sophie

Depuis 2016, elle fait de la peinture. Cette passion lui est venue lors d’un séjour d’études aux Etats-Unis. Ce qu’elle aime bien dessiner c’est la femme, la mettre en avant. Elle s’intéresse à l’art notamment l’art africain. Néanmoins elle trouve que l’art africain n’est généralement pas assez valorisé. Une exposition l’avait particulièrement marqué, “Beauté Congo”, mettant l’art congolais à l’honneur. Elle avait eu lieu à la Fondation Cartier du 10 juillet 2015 au 10 janvier 2016. La création lui parle également, elle crée des accessoires en tissu wax, comme des bandanas, des pochettes. Habitant seule depuis quelque temps, elle se rend compte que les dépenses s’accumulent, qu’on a tendance à céder vite à l’achat alors que la récupération pourrait être une solution plus viable et économique. Anne-Sophie a par exemple utilisé des boîtes de conserve pour en faire des boîtes de rangement de stylo, des vieux t-shirts pour en faire des sacs pour les fruits et légumes.

Travaillant dans le domaine technologique, ce domaine la passionne, particulièrement l’autonomisation des comportements, qui aide à créer des algorithmes. Cependant les GAFA détiennent le monopole et se copient les unes les autres, ce qui nuit quelque part aux startups qui essaye de se différencier ainsi qu’à la créativité et l’innovation. Anne-Sophie pense également que les GAFA utilisent le digital à mauvais escient, en monétisant les données des utilisateurs, en se rendant indispensable. Difficile de nos jours de ne pas avoir Facebook si l’on veut avoir une vie sociable.  Elles incarnent les dérives que la technologie peut engendrer en nous rendant paresseux, dépendants ; à nous de contrer cette tendance.

 

2 thoughts on “Franco-Congolaise, féministe créative et passionnée de tech : voici le portrait d’Anne-Sophie”

  1. La culture française cultive aussi le respect des aînés
    Utopique de dire qu’au Congo on ne finira pas par avoir les mêmes pratiques que les pays occidentaux en matière de digital
    Ça se saurait si elle sortait de la masse en France on l’aurait remarqué depuis bien longtemps. On dénigre tjs la France vis à vis des personnes ayant d’autres origines hors la France est un pays bondés de gens venus du monde entier et notamment de l’Afrique… donc le regard des autres… 🤨 j’espère par ailleurs qu’elle a d’autres références hormis Beyoncé ou rihanna, il y a eu d’autres visages et talents avant ça, Beyoncé n’a rien démocratiser lol! Elle a bénéficié de ce qui avait déjà été fait avant… tous comme ses samples…
    Parfois il faut déménager pr avoir le cran de devenir qqun et de se forger une personnalité mais de là à dénigrer son pays pr justifier un malaise… je vois plein de codes de bienpensence et des excuses c’est dommage d’en arriver à ce genre de discours. Mais bravo!

    1. Chacun son parcours et sa personnalité, mon rôle n’est pas de juger mais d’écouter et en apprendre sur les autres 🙂
      Merci d’avoir donné ton avis 🙂

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