Felicia in a café

Etre une femme Afro-Asiatique : entre rejet et accepation

Société

L’histoire de Felicia

Tu viens d’où ?

C’est une question que l’on pose souvent et que certain-e-s ne sauraient vraiment répondre.C’est le cas de Félicia, Afro-Asiatique. Née aux Philippines, elle est y est restée quelque temps puis a déménagé aux Etats-Unis. De là, elle a vécu dans différents endroits, à Hawaï, en Californie, en Louisiane, au Colorado, en Pennsylvanie, à Washington D.C et à Londres pour ses études supérieures. Felicia a adoré vivre à Los Angeles et Washington DC pour deux raisons différentes : Los Angeles par son beau temps et Washington D.C car c’est une ville active. En revanche, vivre en Louisiane pour elle fut une mauvaise expérience. Ses camarades se moquaient d’elle constamment, de sa couleur de peau, de ses cheveux, certaines personnes également l’appelaient « négresse ». Autant d’expériences qui l’ont construites et marquées. Comment s’identifie-t-elle et quelles en sont les conséquences ?

Portrait de Felicia

Grandir en tant qu’Afro-Asiatique

Félicia s’identifie avant tout comme noire américaine dû à l’histoire du mouvement noir afro-américain, de la lutte à l’émancipation. C’est une histoire dans laquelle elle peut facilement se reconnaître et s’identifier. Dans la communauté noire Américaine, elle est également plus facilement acceptée. Felicia a essayé tant bien que mal de revendiquer ses origines philippines et de se rapprocher de la communauté, mais en vain. D’une part, les personnes de la communauté philipine se sentaient toujours de jusitifier sa présence, en rappelant que la mère de Félicia est philippine que ce soit avec des amies de sa mère ou l’association des étudiant-e-s Philippin-e-s.

D’autre part, Felicia a été vivement critiquée par des membres de sa famille sur ses cheveux trop crépus, sa couleur de peau jugée trop foncée, et lui conseillaient de s’éclaircir la peau. Le colorisme reste malheureusement encore très présent dans les communautés racisées. Ses remarques ont eu un impact sur Felicia car au fond, elle était convaincue que sa sœur aux cheveux plus lisses et la peau plus claire, était plus belle qu’elle. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, puisqu’elle a beaucoup travaillé sur sa confiance et son estime d’elle-même. Travailler sur sa confiance et son estime l’a poussé en 2018 à mener un projet à travers dans le monde, nommé «Woke in Translation».

Le projet de Felicia : Woke in Translation

À travers son projet elle a pu voyager à travers le monde, dans 17 pays et rencontrer plus de 100 personnes. Son projet, «Woke in Translation», est un projet dans lequel elle interroge des personnes sur divers sujets : le racisme, le genre, l’identité culturelle, la religion, le féminisme, les discriminations  et ainsi de suite. Pour Felicia, on ne donne pas assez la parole sur ces sujets aux citoyen-nes, ce sont des sujets qui restent assez politisés ou abordés par des expert-e-s, académicien-nnes ou politicien-nnes. Son envie de se confronter à diverses opinions, de comprendre, de voyager, de rencontrer de nouvelles personnes, sont autant de raisons qu’ils l’ont menée à faire ce projet.

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